Résumé de l’article
L’étude de la Phytolaque, Végétal majusculaire, originaire d’Amérique du Nord et marqué du Sceau selon Paracelse, est intéressante à plusieurs titres, car ses propriétés biochimiques sont proches des préoccupations de la phytochimie moderne. En effet, l’un des principes actifs de la Phytolaque est un saponoside, la phytolaccoside B, à puissante activité anti-inflammatoire, ce qui a poussé certains pays comme la Corée à l’utiliser contre les rhumatismes. Toujours selon la vision des Contraires, les saponosides sont réputés hémolytiques, antibactériens in vitro, cytotoxiques voire antitumoraux, spermicides et molluscicides[i].
Vue sous l’angle des Authentiques, l’omniprésence du syndrome réactionnel de Phytolacca au sein d’une population lambda témoigne d’une prévalence non négligeable de l’Essence de la Phytolaque, issue du décodage de l’épigénome végétal de l’Humain souffrant confronté aux aléas de sa physiologie intime et occulte. Si Phytolacca n’est pas appréhendé en temps utile par un médecin homéopathe, le syndrome réactionnel déborde de son tropisme habituel ; en d’autres termes, après un premier effet lénifiant de l’Essence de la Phytolaque produisant une césure que j’ai qualifiée de physiologique, car entrainant quelques désagréments passagers qui sont autant de signes d’autoguérison, le malade va présenter, parfois de manière insidieuse, un glissement vers la césure pathologique. C’est ici qu’intervient la notion de terrain ou de diathèse.
Le présent article reprend les grandes indications de la Phytolaque homéopathique : les maux de gorge, le rhumatisme circulant et la congestion mammaire. Atavisme épigénétique et endogénèse métallique permettent d’approfondir le syndrome réactionnel de Phytolacca et les réactions mercurielles qui peuvent s’ensuivre.
© Huw Williams
La Phytolaque ou Raisin d’Amérique, ou Raisin des teinturiers, ou Faux vin, ou encore plante à encre rouge, de la famille des Phytolaccacées, riches en saponosides, à la fois réputées toxiques mais aussi bénéfiques sur la santé lorsqu’interviennent les Authentiques…
La diathèse luétique
Une diathèse, du grec ancien diathesis qui signifie « disposition », désigne selon Le Robert « la disposition générale d’une personne à être atteinte, simultanément ou successivement, par des affections présumées de même étiologie, mais avec des manifestations différentes ». En médecine homéopathique, la diathèse est appelée « terrain », véritable terreau épigénétique propice à l’éclosion de réactions morbides atypiques mais communes à de larges couches d’une population. Diathèse et terrain réfèrent à un mode réactionnel de groupe, calqué sur le tableau clinique des grandes maladies qui ont forgé l’histoire de la médecine.
Le terrain sur lequel évolue le syndrome réactionnel de Phytolacca est dit luétique dans le jargon homéopathique et renvoie à la sinistre syphilis qui a ravagé des populations entières dès son apparition en Europe à la fin du 15ième siècle. Transposé dans le langage moderne de la science anno 2026, le luétisme serait une réaction épigénétique disproportionnée voire inquiétante du Sapiens face à des germes banaux qu’il va confondre avec des miasmes du passé, dont le tristement célèbre Tréponème pâle, responsable de la Grande Vérole, autre nom donné à cette maladie dite honteuse que fut la syphilis.
Le luétisme s’apparenterait ainsi à un atavisme épigénétique, responsable chez certains individus sensibles d’une réaction immunitaire tronquée, car faite de destructions et de remodelages tissulaires, notamment la tendance ulcéreuse et proliférative : ulcères, fistules, hypertrophies glandulaires, exostoses, tumeurs inflammatoires moles, appelées gommes, sans oublier les néoformations de tous ordres. Dans certaines circonstances et chez un sujet luétique prédisposé, le syndrome végétal de Phytolacca est suivi de réactions métalliques dans les tissus préalablement imprégnés par l’Essence du Raisin d’Amérique : les muqueuses de la gorge semblent [sic] entreprises par des métaux lourds, en l’occurrence le mercure et du chrome qui ont la destruction tissulaire dans leur génie toxicologique et pathogénétique.
L’Analogie hahnemannienne est issue d’une comparaison intellectuelle entre une image factuelle expérimentale et une image clinique virtuelle ; l’Authenticité EST et recentre l’Humain souffrant et majusculaire dans le Tout-en-Un cosmique. Ce qui ressemble [sic] à une imprégnation locale de l’oropharynx par un métal lourd, traduit la présence infinitésimale, en temps réel, de ce même métal, même si la dimension dans laquelle il a été synthétisé (créé…) échappe encore le jour d’aujourd’hui aux canons de la science moderne et son matérialisme méthodologique. On voit ainsi des angines banales de Phytolacca se compliquer de syndromes réactionnels, justiciables de potences de Mercurius solubilis ou de Kali bichromicum. Cette endogénèse métallique, sous l’effet du décodage épigénétique préalable du Raisin d’Amérique éthéré, qualifié par Kent de Mercure végétal, sera abordée plus en détail dans un prochain article.
Tenants et aboutissants du syndrome réactionnel de Phytolacca
Quelles sont les actions physiologiques occultes de l’Essence de la Phytolaque ? Elles se situent en droite ligne de son utilisation médicinale donc empirique, elle-même issue de la Mémoire ancestrale ancrée dans la Sagesse populaire. Les Indiens d’Amérique du Nord ont fait usage de la racine sous forme de teinture pour soigner diverses affections des voies respiratoires, les angines, l’arthrite et les rhumatismes. La Phytolaque a également été utilisée en usage externe, sous forme d’onguent ou de cataplasme, pour soigner des mycoses, de l’acné, ou encore la gale. Avant l’avènement de la cancérologie moderne, le Raisin d’Amérique a été utilisé avec succès dans la cure des tumeurs avec indurations. Dans son ouvrage La Matière Médicale et les remèdes végétaux, le docteur Hodiamont, citant deux auteurs américains (Clarke, Halls), dit ceci de la Phytolaque : « Les pigeons sauvages qui mangent les baies prennent la couleur rouge de celles-ci et perdent leur graisse. Cette observation a conduit à donner la teinture de Phytolaque contre l’engraissement et dans certains cas elle s’est montrée efficace (Clarke). Ceci a permis de comprendre l’une des sphères d’action du remède : l’absorption des tissus et spécialement des tissus de croissance. Ceci expliquerait son action anticancéreuse. Il y a peu de remèdes, selon Clarke, qui ont plus d’efficacité dans la cure des tumeurs et indurations, particulièrement des tumeurs du sein chez la femme. Halls a rapporté que parmi les fermiers de l’Amérique du Nord, la racine est utilisée pour réguler les anomalies du lait de vache, selon qu’il est insuffisant, trop maigre ou trop vite tourné, ou contenant du sang et du pus. Dans les indurations du sein, les abcès des nourrices et même dans les cancers, son action a été confirmée (Clarke) ».
En filigrane de ses applications médicinales, se profilent les propriétés pharmacologiques de la Phytolaque : action virostatique, bactériostatique, anti-inflammatoire, et antimitotique. Méfions-nous toutefois du suffixe « -statique », et du préfixe « anti- », lesquels dénotent une tendance martiale et une tournure d’esprit propres à la médecine conventionnelle basée sur l’empêchement voire l’éradication par les Contraires ! Une Essence a un Pouvoir divin et ne peut donc qu’engendrer le Bien. À ce titre, l’action lénifiante de ce Végétal marqué du Sceau (Paracelse) serait authentiquement harmonisante des paramètres infectieux, inflammatoires, et mitotiques. L’Essence de la Phytolaque rétablirait ainsi l’équilibre physiologique de l’Humain souffrant confronté à des infections miasmatiques, devenues virales ou bactériennes par la grâce de la microbiologie moderne. On se rappellera à quel point infection et cancer se fondent dans un même creuset lorsque l’agent causal est d’origine virale. La découverte des virus oncogènes (à ADN ou ARN) en est le plus bel exemple.
La Signature éthérée de Phytolacca
© Agnes27
Lie de vin rouge restant dans une cuve après le soutirage ; la couleur lie-de-vin est une nuance de rouge profond tirant sur le violet
Les saponosides de l’Essence de la Phytolaque ont une action cogestive sur les muqueuses et les muscles de l’oropharynx qui sont mis sous tension. Cette cogestion circonscrit l’infection, tandis que le système lymphatique local est activé au moyen d’une réaction adénopathique salutaire. À l’instar de nombreuses Essences, censées gérer des états miasmatiques aigus, celle de la Phytolaque est pyrogène ce qui ne gâche rien car la fièvre ralentit la croissance des microbes.
Une image clinique typique du syndrome réactionnel de Phytolacca est la pharyngite banale dans un contexte grippal proche de celui d’Aconitum. La dysphagie est importante et irradie très fortement aux oreilles. L’Essence de la Phytolaque a un tropisme particulier pour les piliers du pharynx qui se co(n)gestionnent et prennent une couleur rouge violacée, dite couleur lie-de-vin. Tiens donc ! On se rappellera que la Phytolaque est également appelée Raisin[sic] d’Amérique ! Dans son ouvrage « La Matière Médicale et les remèdes végétaux », Georges Hodiamont mentionne le fait que « les fruits sont des baies succulentes, à suc rouge très coloré, ce qui les a quelquefois fait utiliser pour falsifier le vin ». « Comme si les piliers avaient été peints en rouge sombre de deux traits d’un fin pinceau », c’est la description clinique qu’en donne le Docteur Léon Vannier lorsqu’il traite de Phytolacca dans sa Matière Médicale. Bizarrement, l’auteur du brillant ouvrage « La typologie et ses applications thérapeutiques » reliant l’Homme à ses Signatures célestes, ne fait pas mention ici du Peintre suprême qui est au Grand-Œuvre…Culte de l’acquis, du pré carré ? Peur de faire bouger les lignes au-delà du raisonnable et du raisonné en ce début du vingtième siècle où la science médicale prend l’ascendant sur l’Art de Guérir ? Même pour ce grand médecin novateur, l’initiative et l’audace ont leurs limites ; le chantre de l’homéopathie astrale française a ainsi refusé de franchir le Rubicon, s’interdisant de professer l’idée force du Synchronisme lorsque les Authentiques se substituent aux Semblables.
Quand une Essence manifeste Sa présence, Son syndrome réactionnel embrasse l’Homme et l’Univers proche qu’il côtoye. Quittant Son terrain d’action occulte, celle de la Phytolaque baignant l’oropharynx de Sa haute protection, vient en pleine lumière, lançant un clin d’œil au clinicien averti, ouvert à d’autres dimensions que celles définies par les sens de la science. Le Synchronisme des Couleurs est bien présent au sein du syndrome réactionnel de Phytolacca. La muqueuse de la gorge, entreprise par l’Essence, signe Sa présence éthérée à partir de la couleur vineuse des baies du Végétal dont Elle est issue. Cet indicateur métaphysique est ce qu’il est : un signe parmi d’autres qui sera subordonné à la propédeutique homéopathique classique couplée aux acquis de la médecine moderne.
Il est toutefois des pharyngites a minima où la Signature de la Phytolaque domine les débats. Chaque printemps, de nombreux enfants sont victimes des pesticides que ce soit par inhalation en courant dans des champs fraichement pulvérisés, ou par ingestion de fruits et légumes ayant été « traités » par des produits dits « phytosanitaires ». Sanitaire, vous avez dit ? Le mot sonne creux au regard de la réaction épigénétique végétale enclenchée par le jeune Sapiens, car, pour rappel, les saponosides contenus dans la Phytolaque seraient réputés cytotoxiques voire antitumoraux in vitro[ii]. Vu sous l’angle des Authentiques et du syndrome réactionnel pharyngé de Phytolacca, c’est bien une Essence « eumitotique » qui est au Grand-Œuvre. Par « eumitotique », du grec « eu » qui signifie « de manière avantageuse », et « mitotique » de « mitose » qui signifie « fil » ou « filament » qui réfère aux chromosomes, il faut comprendre ici l’intervention in situ de Mère Nature qui tente de pallier une dyskariose toxique laquelle désigne une anomalie du noyau des cellules sous l’effet d’une agression extérieure. La « pharyngite phytosanitaire [sic] » de Phytolacca se colore de lie-de-vin sur fond de sémiologie insignifiante : fébricule ; légère dysphagie irradiant aux oreilles ; petite réaction des ganglions du cou. C’est bien la présence synchronistique et visible de la Phytolaque à l’état éthéré qui justifiera la prescription d’une potence en 200K de Phytolacca, après quoi le pharynx reprendra son aspect normal en l’espace de quelques jours.
La pharyngite de Phytolacca peut être suivie de réactions métalliques locales, lorsque l’agent étiologique est non pas toxique mais miasmatique. La biominéralisation est un concept physico-chimique communément admis en biologie et désigne le précipitation de minéraux inorganiques par des organismes vivants, en l’occurrence des bactéries. En introduisant le terme d’endogénèse métallique, l’auteur ce ces lignes, pénétré de sa vocation à traduire les Semblables dans un langage authentique, va plus loin et avance une hypothèse de travail pour le moins innovante : la synthèse à l’échelle infinitésimale de métaux lourds par des bactéries pathogènes qui se suicideraient littéralement sous l’influence d’une substance codante introduite par une Essence végétale, en l’occurrence celle de la Phytolaque, mais d’autres Essences, comme celles de la Belladone ou du Gaïac, seraient susceptibles d’engendrer des endogenèses métalliques locales à visée autocurative.
En médecine homéopathique, les réactions métalliques de l’oropharynx sont celles du mercure et du chrome. En d’autres termes, certaines angines banales de Phytolacca, de Belladonna, ou de Guaiacum, se compliquent d’un syndrome réactionnel de Mercurius ou de Kali bichromicum en Loi des Authentiques. Selon la nosologie conventionnelle, le premier correspond à « l’angine blanche » ou « pultacée » ; le second est appelé « angine ulcéronécrotique de Vincent ». La direction métallique fâcheuse que prennent les syndromes végétaux d’une angine ou d’une pharyngite banales, dépendra de plusieurs facteurs : la violence de l’agression miasmatique, l’énergie vitale de l’hôte, et, en définitive, son atavisme épigénétique, notamment le « luétisme ». Ces sujets seront développés dans un prochain article.
Le rhumatisme erratique de Phytolacca
En médecine, erratique désigne une douleur qui change souvent de place. L’erratisme de douleurs de tous ordres est un symptôme fréquent au sein du syndrome réactionnel induit (créé…) par le présence de l’Essence de la Phytolaque. Le Docteur Léon Vannier, dans son « Précis de Matière Médicale homéopathique », décrit le rhumatisme de Phytolacca de la manière suivante : « Douleurs névralgiques, apparaissant brusquement et disparaissant brusquement, comme une secousse électrique ; douleurs qui irradient dans tout le corps et changent brusquement de place ; ce rhumatisme erratique est aggravé par le temps humide ». Au Répertoire de Kent, on retrouve Phytolacca : au troisième degré (K3) à la rubrique « Extremities, Pain, rheumatic » ; au second degré (K2) à la rubrique « Extremities, Pain, wandering, shifting (passe d’un endroit à un autre) ».
L’erratisme du syndrome réactionnel de Phytolacca s’explique de deux manières. D’une part, par la présence des grands méridiens de la Médecine chinoise, dont celui de l’Estomac (cf. infra) qui recouvre de haut en bas la géographie anatomique humaine, et, d’autre part, par la composition biochimique du Raisin d’Amérique dont l’Essence est issue. Médecine des Authentiques et Médecine chinoise fusionnent ainsi au service d’une Homéostasie majusculaire, occulte et corpusculo-vibratoire, laquelle consiste à mettre à la terre, ou à l’éther, des perturbations miasmatiques, physico-chimiques, ou physio-électriques subliminales.
La Phytolaque contient 45 % de potasse caustique (Hodiamont) ce qui expliquerait l’action contractante de son Essence sur les muscles au voisinage d’un foyer pathologique qu’Elle est censée stabiliser. La pharyngite de Phytolacca et sa dysphagie conforte cette hypothèse. L’effet potassique de l’Essence se porte également sur le rein et les glandes exocrines ; il en résulte une augmentation de la diurèse, et de la salivation. Ce sont à nouveau des phénomènes physiologiques axés sur l’extériorisation des fluides chargés de miasmes. Le potassium (symbole chimique K) est l’un des principaux agents de la régulation du métabolisme de l’eau, au même titre que le sodium (symbole chimique Na) et le chlore (symbole chimique Cl). Lorsque cette fonction de rétablissement de l’homéostasie électrolytique dérape sous l’effet d’un facteur déclenchant particulièrement puissant et à l’instar de ce qui se passe au niveau de la gorge, l’Essence rénale de la Phytolaque enclenche une réaction mercurielle d’une infinitésimalité déroutante face au techniques de détection mises à la disposition de la biochimie et de la biophysique modernes. Quoi qu’il en soit, le sujet devient, au niveau du rein, Mercurius dans sa réalité expérimentale et clinique. Le mercure subliminal qui transparaît (…) dans le parenchyme rénal est quelque peu différent de celui qui habite habituellement l’oropharynx, en l’occurrence le mercure soluble ou Mercurius solubilis. En effet, le mercure rénal est un bichlorure de mercure ou Mercurius corrosivus. En l’absence de traitement authentique par des potences de ce mercure, des microlésions organiques vont apparaître ce qui indiquerait que ce métal, bien qu’infinitésimal, finit par s’accumuler dans l’organe-cible où il franchit un seuil matériel, devenant ainsi non plus autocuratif mais autodestructif : c’est l’effet d’Arndt-Schulz. L’albuminurie fait partie des données pathogénétiques de la Phytolaque selon le Docteur Voisin, ce qui est plausible car ce mercure végétal a induit une réaction mercurielle chlorée, justiciable de Mercurius corrosivus, qui va interférer avec les échanges électrolytiques au niveau du rein.
Pour rappel, l’hydrogénoïdisme définit, dans le jargon homéopathique, la tendance à retenir l’eau dans les tissus ce qui rend l’individu sensible aux changements atmosphériques, surtout vers le temps froid et humide. Nous avons vu dans un article précédent que la Douce-amère ou Dulcamara est un maître remède des états dits hydrogénoïdes. Le syndrome réactionnel de Phytolacca n’est pas en reste car le potassium éthéré contenu dans l’Essence du Raisin d’Amérique est susceptible d’interférer avec le sodium et le chlore; K+, Na+, et Cl-, étant unanimement considérés par les découvreurs de la chimie du vivant comme les trois éléments électrolytiques clés du métabolisme de l’eau.
Un état hydrogénoïde transitoire, tel que celui engendré par le syndrome réactionnel de Phytolacca est bénéfique de prime abord car il permet de diluer une charge miasmatique ou toxinique. Nous avons donc affaire ici à une césure physiologique et des potences de Phytolaque, administrées à bon escient, rétabliront l’équilibre biochimique entre les électrolytes précités. Ceci prouve une fois de plus qu’une Essence, bien que présentant des symptômes dérangeants mais provisoires par les réactions qu’Elle engendre, bénéficie toujours d’une finalité bienveillante… Comme toujours avec l’Humain souffrant, rien n’est simple ! Pour des raisons multiples, tels que l’agressivité de l’agent causal, le manque de Force vitale, et l’atavisme épigénétique, le syndrome réactionnel de Phytolacca peut déraper et verser dans la chronicité. La rétention d’eau dans les tissus s’installe durablement ce qui est synonyme de césure pathologique. Non seulement le rhumatisme circule mais il se teinte d’une modalité propre à l’hydrogénoïdisme : les douleurs sont aggravées par le froid et l’humidité et deviennent même annonciatrices du changement de temps ! Ce sont ces vieux rhumatisants qui vous prédisent qu’il va bientôt pleuvoir et qui ne rencontrent que railleries et scepticisme au sein de la médecine conventionnelle.
La glande mammaire et la méralgie paresthésique
Comme décrit plus haut par Georges Hodiamont, l’Essence de Phytolaque a un tropisme particulier pour la glande mammaire qu’Elle cogère authentiquement lors des étapes physiologiques importantes de la vie d’une femme (menstruation, lactation), surtout s’il existe un contexte miasmatique défavorable telle l’exposition prolongée au froid humide sur fond d’un atavisme épigénétique défavorable.
On ne peut scinder le somatique de l’émotionnel lorsque l’on pratique une médecine holistique digne de ce nom et les signes étiologiques de l’apparition du syndrome réactionnel de Phytolacca n’échappent pas à cette règle. Ainsi et toujours selon Henri Voisin, les troubles mammaires apparaissent « chez des déprimées, à la moindre contrariété, après une peur ou un énervement ». Citons Kent dans ce contexte : « Le remède semble se concentrer sur les glandes mammaires. Endolorissement et grosseurs dans les seins à chaque période de temps humide et froid ; la malade attrape froid et bientôt elle ressent une douleur dans les seins ; seins endoloris au moment des règles ; une femme qui nourrit est-elle exposée au froid, voilà ses seins qui s’enflamment et son lait devient filant : lait coagulé. Ceci ressort dans les « provings », mais les éleveurs on fait un usage considérable du Raisin d’Amérique quand les vaches avaient un lait épais et des grosseurs dans les mamelles, après être restées dehors sous la pluie. Presque toutes les surexcitations se centrent sur les glandes mammaires. Qu’une peur ou un accident interviennent, et il apparaît des nodules, des douleurs, de la chaleur, du gonflement, de la tuméfaction, même une inflammation et une suppuration violentes. Aucun autre remède de la Matière Médicale ne centre ainsi son action sur les glandes mammaires ».
Appelées homéopathiquement, Phytolacca et ses potences seront indiquées dans les co(n)gestions mammaires (menace d’abcès, syndrome prémenstruel), que les Guérisseurs d’antan soignaient avec succès au moyen d’un cataplasme, terme d’herboristerie désignant l’application de la plante à l’état brut, préalablement broyée et parfois mélangée à de la farine de lin. Conformément aux Authentiques, il s’agirait d’accompagner ici, de manière externe, ce que la femme produirait (créerait…) de manière endogène au niveau du sein, le cataplasme faisant office de vecteur d’un végétal médicinal transsudant. Cette endosmose, désignant le passage d’un solvant de l’extérieur vers l’intérieur d’un système cellulaire à travers des membranes semi-perméables, réduirait ainsi la Phytolaque médicinale à une état infinitésimal et vibratoire, devenant homéopathique du syndrome réactionnel mammaire de Phytolacca. Savoir intuitif, synonyme de Sagesse populaire, et Grand-Œuvre d’une Essence, appelée en renfort par Mère Nature, conjugueraient ainsi leurs efforts ne faisant plus qu’Un au service de la gent humaine. Ce traitement local n’exclut pas la prescription d’une potence hahnemannienne ou korsakovienne. Nous sommes en deçà de la césure pathologique et des granules de Phytolacca, en 30K ou 5CH, pourront très judicieusement accompagner ce phénomène d’autoguérison.
La co(n)gestion mammaire d’un syndrome réactionnel de Phytolacca a tendance à indurer : c’est le nodule bénin dont la présence n’est pas toujours décelée par la patiente. Le volume de ce type de nodule fluctue fréquemment selon le cycle hormonal et finit par disparaître, ce qui suppose une action endogène et régulatrice de l’Essence de Phytolaque dans des conditions normales. Une cure de Phytolacca en 6K/MK est un bon traitement de ce problème mineur. L’action harmonisante de l’Essence de la Phytolaque montre ses limites lorsque l’hormone de synthèse s’en mêle… Chez certaines femmes, donc, qui ont un passé de contraception ou de substitution hormonales, les nodules qui se forment insidieusement dans le sein se durcissent de manière permanente.
Mère Nature va faire ce qu’elle peut devant ce désastre qui s’annonce et faire appel à la Médecine chinoise. À ce stade évolutif du syndrome réactionnel de Phytolacca la césure pathologique est acquise, et l’Essence va tenter de rétablir l’homéostasie à partir d’un mécanisme propre à de nombreux végétaux marqués du Sceau : délocaliser un processus physiologique qui tourne mal, en le mettant à la terre ou à l’éther, bien dans la ligne des préceptes de Hering, désignant ainsi une autoguérison centrifuge. S’aidant de la haute teneur en potassium du végétal éthéré, l’Essence de Phytolaque va décharger le potentiel pathogène du nodule vers l’extrémité des membres. Le syndrome réactionnel de Phytolacca déborde ainsi de son site initial ou de son tropisme primaire pour engendrer des symptômes périphériques, parfois violents, qui vont pousser le malade à consulter.
© Dan Hoey
Territoire cutané sensitif d’une branche périphérique du nerf fémoral, traversé par le Méridien de l’Estomac
La méralgie paresthésique désigne une affection causée par la compression d’une branche cutanée du nerf fémoral. Le malade va consulter pour des engourdissements, des picotements, et des douleurs brûlantes au niveau de la face externe de la cuisse. Considérée telle une pathologie à part entière par la médecine conventionnelle, cette méralgie bénéficiera d’une traitement local par physiothérapie et pourra faire l’objet d’une intervention chirurgicale a minima afin d’éliminer la compression nerveuse. Vu sous l’angle holistique de la médecine homéopathique et du syndrome réactionnel de Phytolacca, la « méralgie paresthésique [sic] » est réduite à l’état de signe concomitant ! En effet, ce dernier, bien connu des Matières Médicales au chapitre traitant de Phytolacca, est partie prenante d’un syndrome rhumatismal étendu qui entreprend les membres à partir d’une perturbation physiologique primaire logée au niveau du sein. Pour rappel, les douleurs de Phytolacca sont à caractère névralgique, telles des décharges électriques, entreprennent les épaules, les bras, et les hanches, épousant des trajets rectilignes bien connus des acuponcteurs.
Un méridien semble avoir la préférence de Mère Nature lorsqu’il s’agit d’associer dans un même élan autoguérisseur l’Essence végétale de la Phytolaque présente au niveau du sein et Son vecteur vers une sortie de crise par le bas : le Méridien de l’Estomac. Il descend le long du visage pour se terminer au deuxième orteil, passe par le mamelon et continue son cheminement vers le bas en traversant l’aine, la face antéro-latérale de la cuisse, du genou et de la jambe. Tout médecin homéopathe qualifié, bien au fait de la Médecine chinoise, va, après un interrogatoire minutieux englobant l’Humain souffrant dans sa globalité existentielle, pressentir Phytolacca à travers cette méralgie paresthésique, centrer ses investigations cliniques sur le sein, dont il connaît la sensibilité à l’action de l’Essence de la Phytolaque, et constater que cette malade présente une induration asymptomatique… Cette approche holistique, couronnée de la prescription d’une cure de Phytolacca 6K/MK, va très probablement guérir cette malade de sa « méralgie paresthésique », pour laquelle elle a consulté, mais aussi de son « nodule mammaire » dont elle n’avait pas conscience…Toute la beauté des Authentiques est résumée dans ce cas clinique.
Retour à l’atavisme épigénétique qui fera l’objet d’un prochain article. Le Docteur Voisin dit du syndrome réactionnel de Phytolacca qu’il évolue sur un terrain tuberculino-luétique, ce qui dénote une déficience immunitaire non négligeable. Dans le contexte moderne de contraception et de substitution hormonales qui interfèrent avec les menstrues, désignées par les médecins de l’Antiquité tel un fluide sacré donc inaltérable, Mère Nature semble avoir perdu Ses repères et l’on ne sera pas étonné de voir le syndrome réactionnel engendré (créé…) par l’Essence de la Phytolaque faire défaut chez la femme soumise à ce genre de traitement. Qui dit nodule, dit également processus tumoral… Le suivi d’une induration mammaire qui ne fluctue plus est synonyme de césure biologique. Toute induration du sein qui perdure implique des investigations paracliniques (examens de biologie sanguine, radiologie) inhérentes à une situation potentiellement dramatique qui nécessitera systématiquement et prioritairement l’intervention des techniques oncologiques modernes.
[i] D’après Jean Bruneton, Pharmacognosie, Editions Tec & Doc, Paris, 1999.
[ii] Ibidem.