Hippocrate, né vers 460 avant J.-C. sur l'île grecque de Cos et mort vers 377 av. J.C, médecin et philosophe grec considéré comme le « père de la médecine ».
Étymologiquement, l'authenticité exprime une vérité profonde. Quelle est cette vérité profonde qui permet (ou permettra) de comprendre pourquoi l'Homo sapiens, dans sa recherche constante d'un équilibre avec un environnement hostile, ou réputé tel quel, élabore des réactions complexes réunies sous le vocable de maladie, mais que je nommerai dorénavant syndrome réactionnel, car englobant un ensemble de symptômes et de signes n'étant pas tous forcément morbides pour le malade (bien qu'il le perçoive le plus souvent comme tel) ?
La notion de syndrome réactionnel indique qu'un malade réagit à son mal-être ; il le fait de manière individuelle en fonction de ses possibilités intrinsèques, offrant au clinicien exercé une sémiologie subtile mais mixte, faite de facteurs causaux et de mécanismes physiologiques visant à rétablir l'équilibre perturbé. Cette individualité réactionnelle implique une approche thérapeutique personnalisée qui fait le lit de la Médecine des Semblables.
Depuis l'Aube des Temps, ces Semblables se confondent avec des phénomènes d'autoguérison occultes mis en exergue par l'adage célèbre d'Hippocrate, appelé aussi le maitre de Cos : « Natura vis medicatrix » ou le pouvoir inné de Mère Nature à enclencher aux tréfonds d'un malade des processus physiologiques qui vont l'aider à vaincre sa maladie.
Grâce aux travaux de l'éminent physiologiste Claude Bernard (1813-1878), précurseur de la médecine expérimentale, l'on sait maintenant que notre milieu intérieur est composé de mécanismes subtils permettant à de nombreux paramètres biologiques (pression artérielle, glycémie, etc.) d'osciller entre deux valeurs, l'une minimale, l'autre maximale, compatibles avec la vie sur terre. Cette fourchette biologique est devenue l'une des préoccupations majeures de la médecine moderne. Rebaptisé homéostasie par la science, l'adage hippocratique Natura vis medicatrix demeure toutefois une vérité empirique authentique.
Constantin Hering, médecin allemand et contemporain d'Hahnemann, va la mettre en conformité avec la Médecine des Semblables.