Résumé de l’article :
Sous le vocable de Dulcamara, ce Végétal majusculaire, issu de la Tradition populaire empreinte d’une Sagesse elle-même imprégnée du Très-Haut, est d’un usage journalier en médecine homéopathique. Il ne saurait en être autrement puisque cette Douce-amère est inscrite dans le Grand Livre du Sapiens, son code épigénétique, et ses Essences autoguérisseuses. La Douce-amère a fait partie de la pharmacopée officielle jusqu’à la fin du XIXe siècle. Elle était employée empiriquement en infusion, décoction et en usage externe dans les rhumatismes et les éruptions dartreuses, ce qui est, nous allons le voir, de l’homéopathie sans le Savoir authentique. Cette plante médicinale, marquée du Sceau du Seigneur selon Paracelse, est tombée depuis dans les oubliettes de l’histoire de la médecine conventionnelle.
Le présent article reprend les travaux d’Hahnemann et tout particulièrement la pathogénésie de la Douce-amère qui se prête bien à la redéfinition des diagnostics et des pronostics de la médecine conventionnelle. Dans ce contexte, l’auteur introduit les termes de césures, physiologique, pathologique, et biologique, se rapportant respectivement à un stade réactionnel évolutif du malade face au facteur étiologique.
Hydrogénoïdisme, barométrie, sycose, suppression, alternance morbide, et métastases, sont des termes spécifiques issu du jargon homéopathique qui sont ici explicités.
La Douce-amère ou Solanum dulcamara
© Bruno Guerrero et Ibuki shuto
Solanum dulcamara, ou Morelle grimpante, ou encore Vigne de Judée, de la famille des Solanacées. C’est une plante grimpante qui croît dans les lieux humides. Elle est interdite à la vente en herboristerie depuis 2011. De son usage traditionnel, le Petit Larousse des plantes qui guérissent[i] dit ceci :
La césure biologique, la médecine, l’Art de Guérir et ses aléas
© Otis Historical Archives National Museum of Health & Medicine
Ambroise Paré (1510-1590), célèbre chirurgien français, connu aussi pour son humilité face aux aléas de la médecine. Sa formule célèbre : « Je le pensay, Dieu le guarist » (je le soignai, Dieu le guérit) est plus que jamais d’actualité
Le syndrome réactionnel de Dulcamara est intéressant à étudier car il implique fréquemment la présence de césures pathologiques, par manque de potentiel vital du malade confronté à un environnement géographique défavorable. Pour rappel et dans des conditions optimales, tout miasme ayant enclenché la production (création…) de l’Essence épigénétique de la Douce-amère au sein d’un Humain souffrant, va se manifester sous la forme d’un syndrome réactionnel et ses concomitants paradoxaux, lesquels, bien que perçus tels des symptômes d’une maladie par la médecine conventionnelle, orientent le mal ou le mal-être vers l’autoguérison. En d’autres termes, la césure qui sépare la physiologie de la pathologie proprement dite est transitoire, surtout après la prescription homéopathique du remède qui rétablit l’homéostasie.
Si le contexte étiologique est trop puissant et que le malade est en manque d’énergie vitale, qui plus est, s’il n’a pas bénéficié en temps utile du Similimum authentique, cette césure physiologique, qui semble séparer cause et effet(s) au sein de l’Humain souffrant, perdure et devient pathologique : l’Essence de la Douce-amère stagne dans les tissus et s’éloigne de Son tropisme habituel pour envahir d’autres tissus où Elle devient franchement indésirable pour la médecine qu’elle que soit le paradigme qui la régit. Bref et bien que le pronostic vital ne soit pas entamé, le malade verse dans la maladie vraie et sa nosologie conventionnelle (névralgies faciales récidivantes au contact de l’humidité froide, broncho-pneumopathie chronique obstructive, aggravée chaque hiver, etc.) A ce stade, la prescription d’une cure de Dulcamara en potences échelonnées (6K/MK) sera à même de relancer le syndrome réactionnel autoguérisseur qui a versé dans la chronicité et d’obtenir une guérison qualifiée d’inespérée par le malade et son entourage. Le médecin homéopathe prescripteur, ceint des lauriers de la gloire du Guérisseur béni des Dieux, veillera à ne pas verser dans le triomphalisme de la Rome antique car la Roche tarpéienne n’est jamais loin du Capitole !
La césure biologique est d’un tout autre pronostic. Elle peut être présente d’emblée lorsque le malade consulte, ou faire son apparition au sein d’un syndrome réactionnel qui a déjà versé dans une césure pathologique depuis de longue date. C’était le cas des malades justiciables de Dulcamara au siècle dernier et qui, vu l’environnement défavorable et le manque de soins, évoluaient vers une tuberculose mortelle. Kent a écrit ceci à ce sujet (cité par Hodiamont) :
La césure biologique indique que la force vitale est insuffisante pour rétablir l’homéostasie réactionnelle perturbée à partir d’un corolaire infinitésimal issu de la galénique hahnemannienne et korsakovienne. Pour être clair : il s’agit d’une situation grave et urgente où le malade risque de passer de vie à trépas dans les délais les plus brefs… La Loi des Authentiques devient caduque et l’action du binôme Essence/potence, même sous la plume des homéopathes les plus avertis, est condamnée à l’échec. Les Contraires deviennent impératifs, sous peine de perdre son malade.
L’exemple le plus frappant de césure biologique qui dessert les intérêts de l’homéopathie est l’hémorragie qui tourne mal. Dans un premier temps, elle correspondra à des syndromes réactionnels hémorragipares de la Matière Médicale : le Quinquina ou China ; le Mélilot officinal ou Melilotus ; le phosphore ou Phosphorus et bien d’autres qui seront en mesure de juguler le saignement à ses tout débuts. Si le médecin homéopathe persévère au-delà de la césure biologique, oubliant transfusion et intervention chirurgicale, il risque un choc hypovolémique. Gageons que cette triste histoire d’esculapes jusqu’au-boutistes sera savamment utilisée par les sceptiques de l’homéopathie, même si leur jugement péremptoire à l’encontre d’un Confrère pensant autrement reposera d’abord sur la méconnaissance d’un paradigme ancestral occulté par une avancée trop rapide de la science.
Le césure biologique s’applique d’emblée aux infections graves, aux cancers, au diabète insulinique, et aux psychoses. Cette énumération est loin d’être exhaustive et de telles maladies peuvent se déclarer sournoisement sous une forme encore bénigne, qui, dans un premier temps, semble être du ressort de la Médecine des Authentiques calquée sur les syndromes réactionnels présents aux tréfonds d’un malade en proie à une agression interne (cancéreuse, métabolique) ou externe (microbienne) qui engage le pronostic vital. Toute attitude attentiste d’un médecin homéopathe dans ce contexte funeste où seraient négligés les techniques d’investigation paracliniques et les traitements modernes au moyen des Contraires, rencontrera la désapprobation totale du public et des médecins conventionnels.
En revanche, force est de constater que, dans le cas graves et nonobstant le choix amplement justifié du paradigme des Contraires dans l’approche d’un malade, la médecine aussi performante qu’elle soit, démontre ses limites face à cette volonté divine attestée par le célèbre chirurgien Ambroise Paré : « Je le pensai, Dieu le guérit ». En effet, si le système sanitaire actuel et sa haute technologie peuvent se prévaloir d’une performance inégalée, l’issue, heureuse ou malheureuse, d’une maladie continue à baigner dans un océan d’incertitude…Anno 2026, diagnostic et traitement sont devenus l’affaire de la science, mais le pronostic lié aux césures décrites plus haut relèvera toujours de l’Art de Guérir – et ses aléas.
Dulcamara et la pathogénésie hahnemannienne
C’est Hahnemann lui-même qui a remis à l’honneur la Douce-amère médicinale en confirmant son empirisme thérapeutique bien ancré à une époque où son usage était largement répandu parmi la population et ses guérisseurs. Le proving de Dulcamara, initié par Samuel Hahnemann, est décrit à la page 242 du deuxième tome de son Traité de Matière Médicale Pure. Pas moins de 400 symptômes et signes y sont répertoriés ce qui dénote pour le moins une prévalence non négligeable de la Douce-amère éthérée au sein de l’épigénétique végétale humaine. Le fait que Samuel Hahnemann ait utilisé la décillionième potence, soit une dilution de 10-60 ou 30CH, pour son proving confirme la sensibilité de la majorité des provers à ce Végétal majusculaire appelé systématiquement en renfort par Mère-Nature dès le début du Parcours terrestre du jeune Sapiens allemand confronté au climat rigoureux de la Saxe où officiait l’homme de Meissen.
La longue énumération des symptômes et signes du proving de la Douce-amère est en soi inutilisable par le commun des esculapes souhaitant s’investir dans l’homéopathie hahnemannienne. Retirer de ce fatras une image cohérente qui va « matcher » avec cette autre image, clinique, selon l’équation analogique, chez un malade justiciable de la prescription d’une potence de Dulcamara, relève de la gageure. Que Samuel Hahnemann et ses contemporains aient pu malgré tout utiliser avec succès la Douce-amère diluée et dynamisée dans les indications résultant du génie autoguérisseur et authentique de son Essence, témoigne pour le moins de fingerspitzengefühl, terme que l’on peut traduire par « flair » ou « intuition ». Il semble plus correct d’attribuer les succès du Maître de Meissen à sa connaissance approfondie de la pharmacopée traditionnelle de l’époque, son plus grand mérite étant d’avoir introduit une galénique corpusculo-vibratoire exempte de toxicité, la rendant plus accessible à la biologie humaine. Considérée sous cet angle, la pathogénésie n’est autre que la confirmation expérimentale d’un Savoir ancestral ancré dans la Sagesse populaire.
Au regard de l’énumération fastidieuse du proving de Dulcamara, force est de constater qu’il faut faire preuve d’une grande inventivité proche de la génialité pour en dégager des syndromes expérimentaux susceptibles d’une équivalence clinique en pratique homéopathique journalière. Voyons cela à partir d’un survol :
Les données codifiées d’un proving sont donc loin d’être des calques absolus de vérités cliniques rencontrées en pratique journalière, ce qui rend particulièrement vulnérable la « loi » des Semblables. Dans ce contexte, l’on peut comprendre les sceptiques de l’homéopathie, pétris de science, qui refusent de concevoir la confrontation, au sein d’une même équation dite « analogique », entre une mosaïque expérimentale factuelle (celle du proving) et cette autre mosaïque étrange, faite de concomitances cliniques paradoxales, inconnues de la médecine conventionnelle, lesquelles façonnent un syndrome réactionnel justiciable d’un Similimum – qui plus est, dilué et secoué…
En revanche, les approximations d’un proving hahnemannien permettent une première évaluation du tropisme de la substance pharmacodynamique testée. Pour rappel, le tropisme désigne en biochimie la tendance pour une molécule à se fixer ou à s’accumuler dans certains organes pour lesquels elle présente une affinité intrinsèque. Vue sous un angle authentique, cette première vérité expérimentale annonce une autre vérité, clinique mais occulte, liée à l’action de l’Essence de la Douce-amère au sein de l’Humain souffrant.
Heurs et malheurs d’une Essence végétale
Sur son site Internet[ii], le Docteur Robert Séror, fait un résumé des symptômes expérimentaux hahnemanniens les plus marqués de la Douce-amère :
En filigrane de ces données qui s’apparentent de prime abord à un fatras, se dessine le tropisme de la Douce-amère expérimentale qui, telle la partie émergée d’une iceberg, dévoile partiellement le génie de son Essence qui a initié (créé…) un syndrome réactionnel à vocation holiste, à la fois lénifiant et dérangeant…En fait, on assiste-là à une césure physiologique de Dulcamara, avec, d’une part, le potentiel de l’Essence à vouloir éliminer le trop-plein d’humeur(s) et de toxines par la sueur et l’urine, et, d’autre part, Sa tendance à déborder de cette action principale pour envahir le système locomoteur, et tout particulièrement les articulations. C’est le cas lorsque le processus naturel de transpiration est brusquement supprimé par le froid (signe étiologique important de Dulcamara) chez un individu dit hydrogénoïde, terme qui désigne une sensibilité particulière au froid et à l’humidité par ralentissement de la fonction rénale.
En d’autres termes, le sujet Dulcamara a tendance à retenir l’eau. Le docteur Hodiamont, dans son ouvrage La Matière Médicale et les remèdes végétaux, résume cela magnifiquement : « Les toxines qui s’éliminaient par la sueur, brusquement retenues dans le corps, vont se jeter sur l’une ou l’autre articulation et l’enflammer ». La Loi des Authentiques permet de nuancer le terme de toxines utilisé par Hodiamont. Ne s’agirait-il pas plutôt de la présence malheureuse[sic] de l’Essence de Douce-amère et de son potentiel co(n)gestif au sein des articulations ? La question est posée. Quoi qu’il en soit, tout l’Art de guérir consiste à discerner ce qui est autoguérisseur de ce qui est maladif proprement dit, relevant des césures préalablement décrites.
Dans son ouvrage Homéopathie clinique, le Docteur Voisin, introduit Dulcamara au moyen d’un tableau synoptique, lequel est un résumé de l’action de ce végétal à partir de ses données pathogénétiques et de ses indications comme remède d’affections relevant de la nosographie et de la nosologie conventionnelles :
Tableau synoptique des données expérimentales et cliniques de la Douce-amère. D’après Homéopathie clinique et Matière Médicale du Docteur Henri Voisin
L’autoguérison due à l’Essence de la Douce-amère va reposer sur deux grands axes physiologiques déjà étudiés dans des articles précédents sur l’Aconit et la Belladone : cogestion-rétention/expansion-élimination. Le miasme qui enclenche le décodage de l’Essence de la Douce-amère au sein de l’épigénome végétal humain se situe plus dans un contexte étiologique de froid humide, contrairement à l’Essence d’Aconit qui a besoin d’un contexte de vent froid du nord-est pour se manifester. La stimulation des centres thermorégulateurs du bulbe, qui se traduit par une fièvre sèche avec frissons est proche de celle du Quinquina ou China, déjà bien introduit dans la pharmacopée de l’époque en tant que remède antimalarique. Dans sa pathogénésie de la Douce-amère, à la rubrique 376, Samuel Hahnemann utilise le terme de « fièvre double tierce », symptôme caractéristique du paludisme et qui se manifeste toutes les 48 heures. A l’instar de l’Essence du Quinquina, celle de la Douce-amère est réputée salutaire et frénatrice de l’agression miasmatique, car Elle cogère non seulement l’appel à la fièvre mais également le système lymphatique immunomodulant. L’Essence semble avoir un effet non négligeable sur les surrénales, ce qui est confirmé par la phytothérapie moderne qui attribue à la Morelle grimpante des propriétés semblables à la cortisone, grâce à la présence de glucoalcaloïdes stéroïdiques, dont la solasodine et la solducamaridine (d’après le Petit Larousse des plantes qui guérissent).
Le gonflement des ganglions est un phénomène qui sera évident dans les affections aiguës de la gorge et des oreilles à latéralité gauche. Dans les angines justiciables de Dulcamara, j’ai constaté qu’il existe presque systématiquement un gonflement du ganglion sous-mandibulaire gauche. Il est également présent dans l’otite (gauche) de type Dulcamara. C’est un signe qui est pathognomonique en ce qui me concerne. Empressons-nous d’ajouter qu’il existe aussi des angines et des otites droites justiciables de Dulcamara ! Pour Georges Hodiamont, la latéralité n’est jamais un critère absolu quant au diagnostic définitif d’un syndrome réactionnel.
Fièvre, adénites, éruptions, diarrhées fétides et urines troubles, surtout s’ils elles se situent dans un contexte aigu et ponctuel de froid humide, sont des phénomènes d’autoguérison induits par l’Essence de la Douce-amère, ce qui ne veut pas dire que ces symptômes seront qualifiés comme tels par le malade qui va consulter ! Au médecin homéopathe à ne pas en faire une maladie, en expliquant au malade qu’il est en fait un bien-portant qui s’ignore… Ce qui ne doit pas empêcher cet esculape branché de prescrire le Similimum Dulcamara éventuellement agrémenté d’un Contraire, un antibiotique par exemple si la charge miasmatique est trop importante, le tout apportant le confort nécessaire au pseudo-malade dans son processus d’autoguérison. CQFD.
La co(n)gestion des muqueuses est très présente au sein du syndrome réactionnel de Dulcamara. Le catarrhe, d’abord sec puis fluent et purulent, qu’il soit respiratoire, intestinal, ou urinaire, vise à circonscrire l’agression miasmatique par la rétention des humeurs, lesquels vont faciliter l’eutrophisation des tissus entrepris par l’Essence de la Douce-amère. L’afflux sanguin et lymphatique aidant, tout le système immunitaire (avec principalement la phagocytose des macrophages) se met en branle. Cette congestion est donc à nouveau une cogestion bénéfique au malade jusqu’à preuve du contraire. Elle se transforme en spongiose (en référence au tissu de l’éponge) qui noie les toxines dans les humeurs locales avant qu’elles ne soient extériorisées. On se rappellera que la Douce-amère est connue de la médecine populaire pour son pouvoir émollient, désignant la faculté de ramollir des tissus durcis par l’infection.
C’est le contexte étiologique qui indiquera la muqueuse concernée. Si c’est un refroidissement total du corps, ce seront prioritairement les muqueuses respiratoires qui seront entreprises (rhinite, sinusite, laryngite, bronchite). L’exposition au temps froid et humide peut également provoquer la co(n)gestion douloureuse des muqueuses de l’oreille moyenne (otite) et de la trompe d’Eustache. Ici, il faut bien avouer que la césure pathologique est présente car l’obstruction de la trompe d’Eustache fait en sorte que le liquide inflammatoire présent dans l’oreille moyenne ne peut s’évacuer. C’est l’otite aiguë et le branle-bas de combat, tant en médecine conventionnelle qu’en médecine homéopathique. Le malade est justiciable de Dulcamara mais aussi d’autres remèdes qui sortent du contexte de cet article : la Belladone ou Belladonna, le phosphate de fer ou Ferrum phosphoricum, et l’arsenic blanc ou Arsenicum album pour la phase aiguë ; le manganèse ou Manganum et le chlorure de potassium ou Kali muriaticum, si l’otite devient traînante et perturbe l’audition.
En cas de refroidissement de l’intérieur du corps par boissons glacées, surtout si l’individu est en transpiration, c’est l’appareil gastro-intestinal qui réagira en premier lieu (gastro-entérite). Si un patient a refroidi son périnée en restant assis trop longtemps sur une pierre froide, c’est l’arbre urinaire qui va se congestionner (cystite). Lors de la phase excrétoire du syndrome réactionnel, les miasmes sont éliminés vers l’extérieur.
Bronchite, gastro-entérite, et cystite demeurent ainsi des affections banales pour lesquelles des potences de Dulcamara, administrées authentiquement en Loi de Similitude, raccourciront grandement la durée de la maladie telle qu’elle est perçue par le malade. Une bronchorrhée, une diarrhée, et une urine trouble donc chargée et de forte odeur, sont des phénomènes salutaires, car ils éliminent les toxines miasmatiques vers l’extérieur bien dans le génie extériorisant de l’Essence de la Douce-amère. Qui plus est, celle-ci va systématiquement relancer la diurèse et la transpiration (action sudoripare), conformément aux données de la Tradition médicinale, confortée par les pathogénésies hahnemanniennes.
Nombre de malades développent des syndromes infectieux pulmonaires dans des établissements de soins où l’air conditionné remplace de plus en plus la ventilation naturelle. Si le fait de refroidir et de déshumidifier l’air ambiant correspond à une attente justifiée de prévenir tout risque d’infection, cet hygiénisme de bon aloi ne tient plus compte d’une donnée essentielle de la physiologie humaine : la perspiration que la médecine définit telle « une évaporation cutanée sans sudation apparente ».
La peau, ce deuxième rein, comme l’appellent les bons cliniciens, joue un rôle primordial au sein du syndrome réactionnel de Dulcamara. Dans ce contexte, le mieux est souvent l’ennemi du bien : cet aphorisme, attribué à Voltaire, devrait inciter les spécialistes de la santé publique à réfléchir sur le fait que lorsque la perspiration ne se fait plus, les humeurs chers à Hippocrate, refluent vers la profondeur du corps. C’est particulièrement le poumon qui est entrepris, refroidi par un air conditionné. Cette congestion est susceptible de faire le lit d’une infection surajoutée. Risquer une pneumonie nosocomiale, du grec « nosokomeion » signifiant « hôpital », au décours d’un rendez-vous intramuros pour une intervention bénigne, n’est pas véritablement ce qu’un citoyen lambda attend de son système de soins de santé.
Outre son action sudoripare, l’Essence de la Douce-amère ramène le mal à la peau sous des formes diverses qui sont en fait autant de phénomènes corpusculo-vibratoires. Celles de type Dulcamara sont polymorphes, mais ressemblent le plus souvent à des eczémas humides, qui sont en fait des eczémas qui transpirent ! On les retrouve parfois en regard de la pathologie sous-jacente : par exemple, des eczémas du thorax dans les pathologies pulmonaires de type Dulcamara ce qui prouve une fois de plus que la vraie médecine est holiste.
Médecine des Authentiques et Médecine chinoise, même combat
Le Méridien du Triple réchauffeur ou Triple brûleur. Son trajet commence à l’extrémité de l’annulaire, parcourt le dos de la main pour remonter à la face postérieure de l’avant-bras et du bras, parcourir l’épaule, faire le tour de l’oreille et se terminer à la tempe et au sourcil
La peau d’un syndrome réactionnel chronique de Dulcamara devient le siège de constructions cellulaires. Il s’agit de véritables paratonnerres biologiques, avec des verrues plates, principalement au dos des mains, syndrome fréquent chez les femmes de ménage. On remarquera l’accointance entre la topographie de ces verrues et le trajet du Méridien du Triple Réchauffeur. Ceci pourrait signifier une synergie entre l’Essence de la Douce-amère et ce méridien afin de véhiculer et de transmuter à la peau la toxine miasmatique qui s’est développée sur un terrain hydrogénoïde. En effet, pour les praticiens de la Médecine chinoise, le « Triple brûleur[sic] » extériorise l’alchimie des fluides dont il régule la répartition au sein de la physiologie humaine. Comme son nom l’indique, ce méridien semble jouer un rôle majeur dans la thermorégulation en tant que « brûleur ». Nous ne serons donc pas étonné de voir l’Essence de la Douce-amère utiliser le Méridien du Triple réchauffeur en tant que vecteur d’un trop-plein miasmatique sur fond d’un métabolisme de l’eau perturbé chez un sujet refroidi par un environnement défavorable. Il est d’ailleurs communément admis en Médecine chinoise que, dans ce type de maladie hydrogénoïde, la moxibustion qui consiste à brûler de l’armoise séchée et broyée pour stimuler les points d’acupuncture par de la chaleur afin de « chasser le froid » est hautement recommandable.
Les verrues de Dulcamara
La construction cellulaire d’une verrue plate qui apparaît sur le dos de la main d’un sujet Dulcamara, est donc une extériorisation salutaire et le Docteur Hodiamont la qualifie de décantation toxinique. Ce phénomène heureux, guidé par des Lois cosmiques qui dépassent l’entendement humain, dénote toutefois une mauvaise tournure d’Esprit dans le chef d’une Essence qui fait ce qu’elle peut avec les moyens du bord… Sans doute qu’il existe ici un facteur étiologique persistant (humidité froide) associé à une faiblesse manifeste des reins d’un malade retenant l’eau. Ici, l’on peut raisonnablement affirmer que la césure pathologique d’un syndrome réactionnel de Dulcamara est présente. En effet, faire appel à des (poly)mitoses, fussent telles banales et induites par une Essence, n’est pas vraiment ce qu’on peut attendre d’un processus d’autoguérison qui se respecte…Cette maladie vraie, qui verse dans la chronicité, nécessitera la prescription de hautes potences de Dulcamara, mais aussi celle de polychrestes tels que le Thuya du Canada ou Thuya et le sulfate de sodium ou Natrum sulfuricum, maître-remèdes de la sycose, signifiant, dans le jargon homéopathique, une altération profonde du métabolisme qui se ralentit et retient l’eau et les toxines. Il s’ensuit une réaction chaotique de l’organisme avec des catarrhes chroniques, des sueurs abondantes, et la tendance à produire des excroissances anarchiques de tous ordres.
Ici, hydrogénoïdisme et sycose se confondent dans un ultime sauf-qui-peu de Mère Nature qui tente de sauver les meubles... Le Docteur Hodiamont rappelle à juste titre que la rétention d’eau est aussi un moyen pour l’Humain souffrant de diluer une charge toxinique, de quelque origine qu’elle soit. Moult enfants en bas âge deviennent hydrogénoïdes et sycotiques sous les coups de boutoir de la pharmacologie moderne.
La médecine conventionnelle considère « la verrue » telle une « pathologie singulière et indépendante » qui devient la cible de différentes techniques dites « d’ablation ». Dans les faits, cette « exérèse », définissant une intervention chirurgicale qui consiste à retirer d’un organisme vivant un élément qui lui est « nuisible[sic] » ou « inutile[sic] », est une suppression laquelle va entraîner une alternance morbide. Le syndrome réactionnel, ainsi amputé d’une partie de sa raison d’être, va métastaser, terme qui s’éloigne de la métastase de la nosographie moderne désignant la dissémination de cellules cancéreuses à partir d’un foyer primitif. Métastaser, dans le jargon homéopathique, doit être compris dans son sens étymologique : du grec metastasis qui signifie changement de place. Sous l’effet d’une ablation intempestive d’une excroissance, le choc chirurgical dirigé vers l’extérieur est soumis à la loi de la physique newtonienne bien connue d’action-réaction, et engendre un contre-vecteur dans un plan profond. La maladie verruqueuse, ainsi brutalement supprimée, va métastaser et manifester une nouvelle morbidité en interne, potentiellement dangereuse. La vision analytique de la médecine conventionnelle ne permet pas d’établir cette alternance. Voici ce qu’en dit le Docteur Georges Hodiamont dans contexte :
· « L’observation de nos malades, dans le temps comme dans l’espace, et les guérisons cliniques que nous observons tous les jours en homéopathie, nous ont appris l’importance de la notion de métastase et celle d’alternance morbide. Les états arthritiques et rhumatismaux, les affections cutanées plus particulièrement encore, qui sont des manifestations d’une intoxication générale de l’organisme, intoxication souvent dynamique et presque toujours en mouvement, ces états et ces affections seront très souvent métastasiques, variables dans leurs manifestations tout en restant identiques quant à leurs causes et à la nature des toxines. Voilà la notion synthétique de la maladie, et celle, non moins synthétique, du remède qui la guérira quelle que soit cette manifestation ».
Toute prolifération cellulaire venue à la peau peut franchir insidieusement la ligne rouge qui sépare la banalité de la malignité. La Roche tarpéienne où sévit la Camarde n’est jamais loin du Capitole baigné des lumières de Mère Nature. Si en règle générale et conformément à la « loi » de Hering, des verrues servent d’exutoire bénéfique à une biologie humaine devenue profondément perturbée par un agent étiologique intense et persistant, force est de constater qu’un malade confronté à ce mode réactionnel tronqué danse sur un volcan. La plupart des verrues sont bénignes et c’est le cas de celles faisant partie intégrante du syndrome réactionnel de Dulcamara. Un traitement homéopathique en interne a donc l’absolue priorité sur l’exérèse.
En revanche, il existe des excroissances douteuses, qui traduisent un dérèglement métabolique d’une telle gravité que le syndrome verruqueux verse dans la maladie cancéreuse. En d’autres termes, la césure pathologique a fait place à cette autre césure, dite biologique, laquelle relève en urgence de l’oncologie moderne, ses biopsies et ses traitements codifiés. Les mélanomes et les épithéliomes en sont l’exemple évident ; ils sont là pour rappeler au médecin homéopathe son devoir d’humilité en toute circonstance.
Névralgies et rhumatismes
D’autres entités cliniques que le syndrome verruqueux indiquent que la césure pathologique est bien présente chez un sujet justiciable de Dulcamara qui devient donc un véritable malade. C’est le cas de ces névralgies récidivantes, tout particulièrement celle du nerf facial, après exposition au temps froid et humide. Comme pour la névralgie d’Aconitum, laquelle apparaît prioritairement par vent froid de nord-est, il faut supposer que l’Essence de la Douce-amère a failli à Son Devoir. Sans doute que Son pouvoir cogestif, tant apprécié au niveau des muqueuses, a débordé de son tropisme habituel pour se loger dans le tissu nerveux où Elle engendre une congestion pouvant s’accompagner de douleurs atroces voire de paralysies. Il s’agirait donc d’une réaction malvenue d’un syndrome réactionnel, une sorte d’effet secondaire ou indésirable en quelque sorte, induit par une Essence qui ne remplit plus Son rôle lénifiant à la perfection, surtout dans le phénomène de rétention/expansion inhérent à Son génie autoguérisseur. Sans doute que l’Homo sapiens moderne, intoxiqué et soumis aux aléas de la vie moderne, ne répond plus de manière optimale à la sollicitation de son épigénome végétal. Pour un médecin homéopathie, Il est impératif de reconnaître un syndrome réactionnel tronqué de Dulcamara, synonyme d’une césure pathologique, car l’action d’une cure en potences korsakoviennes progressives de 6K/MK est souvent spectaculaire, indépendamment de la durée de cette névralgie chronique pour laquelle le malade vient consulter. Cette évidence empirique demeure mystérieuse mais réjouissante.
Le rhumatisme chronique d’un sujet Dulcamara est qualifié de barométrique dans le jargon homéopathique ce qui signifie que le malade est sensible aux variations de la pression atmosphérique. Ces vieux rhumatisants venant nous raconter qu’ils sentent venir le mauvais temps dans leur articulations enraidies et déformées doivent donc être écoutés avec respect, car ils témoignent d’une Vérité ancrée dans la Sagesse populaire. Nombre d’individus, affaiblis pour des raisons diverses souvent liées à la malnutrition, et vivant dans des endroits froids et humides, sont hydrogénoïdes et deviennent les jouets d’une barométrie changeante à souhait. Ils manquent de chaleur vitale. Les reins éliminent mal les humeurs en excès et l’Essence de la Douce-amère étend son pouvoir co(n)gestif et extériorisant aux mauvais endroits : dans les articulations, provoquant douleurs, raideur, voire tuméfaction par irritation des membranes synoviales qui vont sécréter, mais aussi dans les muscles et les ligaments comme l’ont démontré les pathogénésies hahnemanniennes. Le traitement par Dulcamara et par d’autres remèdes hydrogénoïdes devra s’accompagner d’un changement de climat. En effet, le déménagement vers une contrée bénéficiant d’un temps chaud et sec sera parfois l’ultime solution pour le malade confronté à une Essence de Douce-amère qui aura fait défaut dans Sa Vocation divine…Tout avait si bien commencé pourtant, puisque cette Douce-amère, marquée du Sceau, était censée instiller de la douceur dans l’amertume de l’âme humaine crapahutant sur une planète hostile, humide et froide. Les Voies du Seigneur sont impénétrables…